Le Blog de Laurent Péraldi

Blog culturel et historique de la Corse et du village de Cauro (Corse du Sud).

14 décembre 2008

Cauro(30) La gastronomie Corse: les produits du terroir

Le continental qui débarque en Corse sait vite apprécier notre art culinaire. Mais ne dit-on pas que le Corse éxilé pense dans sa nostalgie profonde de l'île natale que "tout y est meilleur là-bas.______D'où vient cette gastronomie ? . On pourrait dire du passage de toutes les incursions méditerranéennes : Ligure ,espagnole,provinciale , voire maure. Alors quelles diversités !... ______En premier lieu , je place la charcuterie Corse dont la saveur est inégalable . J'insiste sur le produit identitaire résultant d'une nourriture de châtaignes et de maîs deux mois avant à tumbéra( l'abattage): le figatellu,grillé au feu de bois, le boudin aromatisé aux raisins secs,le lonzo ( filet de porc) le prizuttu ( jambon fumé) ,la coppa ( l'échine roulée)._____Nous trouvons ensuite , selon les époques , en hiver : les plats succulents : les grives et les merles rôtis aux sarments de vigne, les terrines de ces volatiles mais, aussi différents gibiers de l'île et en particulier le sanglier en daube._____Les poissons tiennent une place honorable: l'exquise langouste du golfe ,vendue vivante à la halle aux poissons, les oursins (i zini) qui sont un délice des palais les plus raffinés ( produits à consommer lors des mois en 'R') . Les truites de nos torrents grillées sur la pierre chaude et en particulier la truitelle des montagnes._____Et puis, le triomphe de la gastronomie insulaire est l'inoubliable BROCCIO . Rien à voir avec la brousse du midi . Que de mets peut-on réaliser avec ce produit. Dans un repas, en entrée, des chaussons de blettes au broccio ,les artichauts violets farcis aux herbes et au broccio , les canélloni, les omelettes au broccio et à la menthe. ___Puis les desserts: le broccio est également un délicieux dessert qui se consomme frais ou tiède quelques heures à peine sorti de son moule. Il est dit tiède parce que le broccio est une sorte de fromage cuit. Les grands chefs sont en mesure de réaliser des mets inédits et fabuleux avec ce produit que l'on ne trouve que durant la période allant de novembre à mai. Le broccio s'accorde avec une variété de pâtisserie : les beignets au broccio ( i fritelli), les embrucciati (Que l'on trouve sur le marché d'Ajaccio), le roi de tous ces gâteaux ' le fiadone". Un conseil personnel, j'adore le broccio frais soupoudré de sucre en y mêlant une petite dose de rhum. votre régal sera incomparable .____Sans oublier les diverses recettes de mets à la farine de châtaigne______Passons à nos fromages corses, en partie de brebis et de chèvres. Fromages du Niolo, du Vénacais, et de la région d'Ajaccio.______ En avril , Cauro vous offre sa foire du vin et du fromage sur la place du village. les bergers locaux y exposent leurs produits avec démonstration de la fabrication du broccio sur place._______
À côté de toute cette gastronomie , il y a la place des vins corses dont la réputation grandit par sa typicité qui est due à l'encépagement à base insulaire: vermentinu, sciacarellu, nielluccio ,malvoisie etc ..Le terroir corse est généralement argilo- granitique qui convient à ces encépagements. Mais la corse connaît deux micro-régions argilo- calcaire; Patrimonio et l'extrême- sud( Bonifacio )qui produisent des vins fameux._____À titre indicatif voici une liste non exhaustive, je m'excuse d'en oublier. _____AOC Ajaccio , Comte peraldi , Capitoro --Ornasca____AOC Patrimonio, Orenga de Caffory, Clos Marfisi___AOC Cap corse, Muscat-- Arena et Marengo ____AOC Sartène Fumiccicoli - San Michéli ___AOC Calvi ,Alzipratti AOC -Porto-Vecchio Etc....
Mais attention, l'abus d'alcool est dangereux; à consommer avec modération

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20 novembre 2008

Cauro (29) La chasse en corse, aujourd'hui et autrefois.

Dans notre île où le relief et la végétation sont favorables à la faune, la chasse a toujours représenté pour l'homme un moyen de se nourrir et de protéger les récoltes contre les prédateurs ,en l'occurence les sangliers.______ Mais elle est aussi un moment de loisir, voire une passion . Ce plaisir ne doit pas faire oublier aux adeptes qu'ils ont un devoir ,dans le monde d'aujourd'hui, d'organiser, de respecter et de gérer la réalité cynégétique pour conserver un équilibre écologique. __Autrefois, le gibier sédentaire trouvait des conditions propices à sa nourriture et à sa reproduction .____ Après la deuxième guerre ,l'abandon des cultures , le transport motorisé mais également le braconnage ont mis en danger certaines espèces.____ Le gibier migratoire lui-même subissait ,au moment de son passage , les tirs au vol effarouchants, par l'afflux de chasseurs venant d'ailleurs. _______En rassemblant mes souvenirs,il me plaît d'évoquer la chasse en Corse autrefois. __Les migrateurs faisaient le bonheur de nos paysans et les auberges vous servaient des grillades succulentes.____ Quand les brumes d'octobre recouvraient les sommets, on pouvait admirer l'apparition de nuées de "pigeons ramiers'.On scrutait leur vol et leur destination.Ils abordaient nos montagnes fatigués d'un long périple pour trouver une nourriture abondante, de glands et de baies d'arbousiers.___Dans nos forêts de chênes , on les chassait à l'affût jusqu'en février. Leur vol impressionnant s'abattait sur les arbustes dans un bruissement d'ailes qui éveillait la vigilance du chasseur. À chaque coup de feu ces volatiles se rabattaient un peu plus loin où un autre chasseur s'en donnait à coeur joie.____ Mais la Corse était également un lieu prisé des grives et des merles. Ils venaient par vagues successives à la même époque comblant le rêve des oiseleurs (une sorte de braconnage toléré) .___Ces derniers préparaient, dans le maquis dès l'été,des sentiers sous-bois pour poser de nombreux collets le moment venu.Ces collets ( u cappiu) étaient placés sur des branches fixées horizentalement en travers du parcours.___ Autant dire que ces oiseleurs, bravant les intempéries de l'hiver, partaient aux aurores et rentraient chez eux à la tombée de la nuit avec une précieuse récolte( + de 150 de ces passereaux parfois).___ Plusieurs familles tiraient leurs revenus du fruit de cette activité. Ce gibier très apprécié par sa chaire comme pour la confection d'un pâté fameux était exporté sur Marseille___.Avec le temps des grives venait le passage des bécasses. Leur apparition annonçait les premiers frimas. La chasse se faisait à l'affût au crépuscule et pour les chasseurs plus adroits au chien d'arrêt le long des ruisseaux.__ Quant au gibier sédentaire, lièvres et perdreaux rouges, les connaisseurs savaient où en trouver à l'ouverture de la chasse et ce n'était pas des produits d"élevage.___les temps ont bien changé !___Pour ce qui est des battues aux sangliers , elles ont toujours été le privilège des équipes des villages.Elles perpétuent encore la tradition des anciens .____Aujourd'hui , comme un peu de partout, il y a surabondance de cette espèce . Elle permet des équipées sympathiques avec invités . Au retour , les commentaires vont bon train, mais les chasseurs sont heureux de se retrouver et de partager la dégustation de produits du terroir dans une ambiance conviviale où l'on arrose les exploits des uns et des autres.

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28 août 2008

Cauro ( suite au n° 28)un conte de Noël

Pour l'insertion littérale du conte ci-dessous, que soit pardonnée mon inexpérience de traducteur pour le rendre authentique et lui donner sa force d'expression originale. Pour tous les Corses et amis de la Corse qui n'ont pas l'usage de notre langue maternelle" le Corse",je vais essayer de leur résumer ce texte d'une puissance descriptive incomparable. Il démontre les valeurs que nos anciens partageaient dans leurs difficultés d'existence.L'hospitalité,la fraternité, mais aussi la spiritualité ,elles sont mises en exergue par l'auteur. J'y vois un parallèle entre son thème et le cheminement des disciples d'Emmaüs selon l'évangile de St -Luc. D'un côté comme de l'autre nous voyons un aspect de la reconnaissance de Jésus après la Résurrection.______ Le texte :__" La Marmite du Seigneur": ______C'est un enfant qui demande à sa mamie de lui raconter un conte de Noël. Elle lui répond: ne l'oublie pas afin que tu puisses le transmettre à ton tour.____ On retrouve l'histoire de la foi d' une époque médiévale où la pauvreté était dans tous les foyers. ____Un bouvier se rendait aux champs dès l'aurore, par des chemins rocailleux et rentrait à l'heure du crépuscule éreinté, courbattu et le ventre creux à la casa. Un soir qu'il contournait son village pour conduire ses boeufs à l'étable, un inconnu l'accosta pour lui demander le gîte.Il lui répondit : un couchage auprès de l'âtre vous l'aurez ,mais le couvert sera maigre car c'est une mauvaise année.En rentrant au logis,l'épouse leur dit: je ne peux vous servir qu'un bouillon de pissenlit. On le fera à la grâce de Dieu.___Et après mamie dit l'enfant: Alors la femme prit une louche pour remplir la soupière et en retira ,ô surprise! un beau morceau de viande de pot-au -feu, puis un autre et chaque fois qu'elle plongeait la louche dans la marmite, encore un beau morceau de viande. Alors ,avec son mari, ils appelèrent tout le voisinage en criant: Venez tous , il y a un miracle à la casa. Et tous vinrent et firent un superbe festin. Quand tout ce monde fut rassasié, ils constatèrent que l'homme étranger n'était plus là;il s'était éclipsé.Personne ne l'avait vu disparaître. -----Comment mamie dit l'enfant: L'homme étranger c'était le Seigneur et plus personne ne le voyait. Souviens-toi , toujours que lui est présent dans les logis où il y a la foi. __________En cette période de la Nativité dans cette maison bénie, le christ ne se lasse jamais de faire un miracle.Il y avait mis sa Ste main . Je te raconte cette histoire comme je l'ai reçue moi-même de ma grand' mère.

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Cauro(28) una fola di Natali

Fidèle lecteur de Corse- Matin, un jour, au début des premières années 1970, je lus dans une édition un conte de Noël de J.B.Stomboni (I) .Un conte en langue Corse d'une expression orale merveileuse. Je n'eus aucune peine à l'apprendre par coeur. Aussi,je tiens à le restituer sur mon blog, tel que, pour rendre hommage à son auteur.
(I) J.B. Stromboni ( 1916- 2007) originaire de Corse-du Sud. Enseignant.Résistant. Déporté à Rawa-Ruska. En 1971 , il crée à Corté "Scola Corsa" qui lance la croisade pour la suvegarde de la langue Corse.
A PIGNATA DU SIGNORI- Aïo, o minna, contacia una fola di Natali! ie, à mé viletta , ma un ti ni smintica ;cusi, à contaré ancu tu quandi tu saré maio ! - In quiddi tempi , chi Cristu andaia pa'si stradi, si pattia à fami niedda in i nosci loca. In quid ebuca chi paria casticata , arba , in ci n' era manca in a pianuru di Baraci, si campa à a frasca, si no feri un ci ni saria firmatu !. Una sera come ava, n'eramu di dicembri, un buiatéri si cunturraia in paesu à l'abrucatu, stancu, domu e famitu. I so boia un li pidia piu impaghjia pa' fa sulcina . allora; s'avia posu dapariddu una linzaredda ad'orzu in punta di jaddonu. - Ma nanzi di jungna in paesu, li s'accosta un' omu frusteri chi li dumandeti alloghjiu pa' a notti . ___E , u vi daremu po un sacconu cant'a focu, ma in a pignata un ci sara tantu, ché malannata !.____E ghjunsini in casa, A donna li dissi : sta séra à cullazio un sara ché brodu longu incu lataredda; attauletivi chi sareti stanchi!! . Ni staremu à graziud di DIu- ____E dopu ,o minna ?_____Allora a donna pidda a so suppera e bulica in a pignata incu u cucchjiaronu e, o miraculu di a Santa Nativita, vi ci caccia tamantu pezzu di carri, tutta pulpa , e po ni sorti un antru pezzu ancu piu maio , e piu ficcaia cucchjiaronu in a pignata ,e piu ni surtia robba ,allora, idda e u maritu si lampani in piazza , lintendu briona !___Aio ! curritu tutti , chi ci so i miraculi in casa.E tuttu u paesu famitu accorsi, ni feci à mangna - magna, ci n'era pa tutti à buzefara . Ma quand' ignunu era saziu , si n'avistini chi l'omo frusteri un c'era piu.____E nimu un l'avia vistu spariscia o minna ?____inno si n'era scatulitu. e nimu un l'avia vistu escia da casa,______comu o minna ! ._____Ie , o fiddo , l'omu frusteri era u Signori, un lu vidia piu nimmu in casa , ma iddu , invenitini quanti tu campi e sempri in casa di a fedi____E quidda sera di Natali, in quidda casa biniditta , Cristu, ch'un e mai stancu difa miraculi , ci avia missu a so santa mani . A ti contu sta sera , comu la m'avia conta a mé minnana uttant'anni fa ; e a d'avia cuntata a so minnana un a sera d'inguernu , in surbudda , accant'a u fuconu di Natali_________________


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10 août 2008

Cauro 27 ( la Saint -Laurent)

Le 10 août , fête à souhaiter : st Laurent.
Laurent est un prénom couramment répandu en Corse mais aussi honoré comme fête dans de nombreux villages de notre île.
On pense que Laurent naquit à Rome et qu'il gagna l'affection du pape Sixte II qui l'ordonna diacre en l'an 257. Cela supposait un rare mérite. Il se vit confier la responsabilité du trésor et des richesses de l'église. En cette même année 257, l'empereur Valérien publia contre le christianisme de sanglants édits. Il ordonna de mettre à mort les évêques, les prêtres et les diacres. L'année suivante, le pape Sixte II fut arrêté. Laurent, son diacre, le suivait en pleurant quand on le conduisait au supplice. Le pape sur le champ le chargea de distribuer les trésors de l'église aux malheureux. Alors, il vendit tous les objets précieux pour faire d'abondantes aumônes. Le préfet de Rome, s'imaginant que les chrétiens avaient caché de grands trésors, résolut de s'en emparer. Il envoya chercher Laurent et lui dit: "vous vous plaignez souvent vous autres les chrétiens que l'on vous traite avec rigueur; remettez-moi ces trésors que vous cachez, l'empereur en a besoin pour renflouer ses finances épuisées". Laurent répondit: "je vous en ferai voir une bonne partie si vous me donnez le temps de vous les montrer". Il lui accorda 3 jours de délai. Le Saint diacre parcourut toute la ville pour chercher tous les malheureux et les lepreux qui étaient entretenus par l'église et les rassembla en grand nombre sur la place d'une église. Quand le préfet de Rome vint, il n'aperçut qu'une troupe de malheureux et Laurent les lui montra : "Voila le tresor de l'église". De fureur, le préfet fit préparer un gril et mis Laurent sur des charbons allumés. Après avoir enduré d'horribles tortures, Laurent dit paisiblement "vous pouvez maintenant tourner mon corps, il est assez rôti de ce côté". Plusieurs Sénateurs témoins de sa mort furent touchés de son courage et de sa piété. Le corps de ce martyr fut enterré le 10 août 258 dans le champ de Véran.

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14 juillet 2008

Cauro 26(1789 un révolutionnaire pas comme les autres

Avec le consulat, la France sortait de la tourmente révolutionnaire en laissant derrière elle son flot de sang et d'émigrés. Il y avait eu l'abolition de la royauté et des privilèges mais aussi la Terreur et la déchristianisation. Alors, un personnage fort, indépendant et courageux, se dressa en faveur du christianisme. Ce fut l'incomparable Abbé Grégoire ( 1750-1831) prêtre, député et ensuite Sénateur. Il était hostile à l'esprit des philosophes du temps. Dans sa paroisse, le curé Grégoire assure son sacerdoce dans la simplicité. Outre son ministère, il s'intéresse aux mesures discriminatoires dont sont l'objet les juifs. Il prône la tolérence et le respect de l'homme. Prêtre jusqu'au bout des ongles, c'est un homme plein de bonté et de bienveillance. En 1789, il est élu aux Etats généraux et se prononce pour la réunion du clergé au Tiers-Etat. Le 20 juin 1789, il est dans la salle du jeu de Paume où les députés font le serment de ne point se séparer avant d'avoir une constitution. Le 14 juillet, il préside l'assemblée Nationale constituante et propose de mettre en préambule "La déclaration des droits de l'homme et du citoyen" dans la future constitution. Son ambition était de christianiser la révolution. Défenseur des minorités, il intervient en faveur des droits politiques des juifs et des gens de couleurs. il condamne l'esclavage. De plus, il est président des amis des noirs. En 1790, Grégoire fait adopter une proposition de loi pour un clergé d'inspiration gallicane. Les archevêques, les évêques et les curés doivent être élus par les citoyens, le pape étant avisé de l'élection. Ils avaient obligation de prêter serment de fidèlité à la Nation, au Roi et à la constitution. En 1791, il est élu évêque constitutionnel de Blois puis député à la convention le 21 septbre 1792. Il approuve la condamnation du roi mais sa religion lui défend d'être un régicide. A la convention, Grégoire siège en calotte épiscopale, croix pectorale et bas violets, mais fait face à la tempête de déchristianisation révolutionnaire. Il apostrophe l'archevêque de Paris Gobel qui vient de se démettre de la prêtrise en déposant sa mitre, sa croix et son anneau à l'Assemblée et se coiffe du bonnet rouge. Alors Grégoire lui lance de son banc: "Infâme, tu renies ton Dieu". Invité à imiter Gobel, il refuse superbement et ajoute: "J'ai été délégué par le peuple pour être son représentant et l'on ne m'arrachera jamais mon abdication. J'invoque la liberté des cultes". Après le neuf thermidor (exécution de Robespierre), c'est lui qui fait aboutir le libre exercice du culte de toutes les religions. Grégoire sera de tous les combats pour une politique de tolérence et de conciliation jusqu'à irriter Napoléon. Pourtant, l'Empereur à Ste-Hélène lui rendra hommage en ces termes: "Grégoire, quand les révolutionnaires abolissaient la prêtrise, faillit se faire massacrer en montant à la tribune pour y proclamer hautement ses sentiments religieux et dire qu'il mourrait prêtre. Quand on détruisait les autels, Grégoire en élevait un dans sa chambre et y disait la messe chaque jour". Michelet, moraliste rigide disait de lui : "Grégoire s'était fait deux divinités: le Christ et la démocratie, qui dans son esprit se confondaient en une seule parce qu'elles incarnaient à ses yeux le même idéal d'égalité et de fraternité". L'oeuvre de l'abbé Grégoire continue de nourrir l'actualité de l'histoire en ce qu'elle a de plus prophétique pour les droits de l'homme.
Le rapport de cet article avec le thème de ce blog résulte des festivités du 14 juillet dans mon village proche de la cité de naissance de Napoléon, qui, bien que laïc, a rendu hommage à Grégoire et à son combat pour le respect des cultes.
Source: B.Plongeron ( Revue du S.N. N°415, Marc Allégret)

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27 juin 2008

Cauro (25) Hommage au corps des sapeurs pompiers dont la création fut décidée par Napoléon 1°

(Suite à une intervention à cauro le 25 mai.)
Dans le monde d'aujourd'hui ,à tout instant et 24 heures sur 24 ,les pompiers de nos villes et de nos départements sont sollicités pour porter secours à des vies en danger. On ne dira jamais assez le dévouement et la compétence professionnelle de ce corps d'élite remarquable. Combien de vies sont chaque jour sauvées par la rapidité de leurs interventions dans des accidents ,lors d'un malaise ou suite à un sinistre, souvent au péril de leur vie? Ils ont droit à la gratitude de toute la population mais aussi à la considération de l'Etat.
Il faut rappeler que cette institution fut créée par Napoléon 1° à la suite du drame de 1810 qui est survenu à l'ambassade d'Autriche à Paris. Le 1°juillet on célébrait l'union de Napoléon avec la maison d'Autriche. Un grand bal en l'honneur de Napoléon et de Marie- Louise réunissait toute l'élite parisienne. Rien ne fut négligé pour que la soirée soit une éclatante réussite.Les salons de l'ambassade ne pouvant contenir les douze cents invités , on construisit dans le jardin un hall en bois pour le bal avec un plafond en toile et des décors en carton peint. De grandes fresques rappelaient les fastes de l'empire. De magnifiques lustres à chandelles éclairaient de leurs flammes vacillantes et dangereuses les couples enlacés. L'empereur et l'impératrice finissaient leur tour public selon l'étiquette lorsque retentirent les premiers cris.En une minute toute la salle s'embrasa. L'assistance affolée se rua vers la sortie dans une bousculade épouvantable . il y eut de nombreuses victimes . Pour combattre cet embrasement , il n'y avait que six gardes -pompes déjà émèchés lorsque l'incendie éclata. Impossible de manoeuvrer l'unique pompe à bras de ces malheureux employés . On manquait d'échelle et d'une organisation pour lutter contre ce sinistre. Ce fut une soirée d'horreur. Le lendemain , l'empereur très affecté , fit comparaître les responsables devant lui. Il fit emprisonner l'architecte qui avait construit la salle , ainsi que l'ingénieur Audibert . Le colonel cdt les gardes-pompes fut destitué. A Savary , ministre de la police , Napoléon donna huit jours pour rédiger un projet de réorganisation du personnel de lutte contre l'incendie et il ajouta : < Je ne veux plus de civils occupés dans leurs boutiques ; ils n'ont pas de disponibilité à l'appel du tocsin, on les casernera , ils n'habiteront plus chez eux . Ils seront à la disposition du prefet de police.
Voilà pourquoi le décret du 18 septembre 1811 créa les Sapeurs Pompiers militaires.

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12 juin 2008

cauro(24) La fin d'un roi du maquis- Spada-

1932- Il ya trois quarts de siècle ,la Corse était une nouvelle fois sous le choc de la rage meurtrière du tigre de la Cinarca. Il disait celui qui peut tuer doit savoir mourir. Il ne comptait plus ses victimes: une bonne dizaine disait-il.Nul peut-être ne s'était attiré autant de mépris. Il règnait en maître dans sa région près d'Ajaccio avec ses diktats à la population et même à l'Administration.Il était entrain de faire des émules parmi d'autres hors la Loi en leur fief.Ainsi le gouvernement se décida à donner la chasse à ces bandits qui n'étaient plus d'honneur.On vit alors débarquer des pelotons de gardes mobiles et des automitrailleuses.Ils sillonnèrent nos villages sous les yeux ébahis de la population et en particulier des jeunes enfants que nous étions. Ce déploiement de forces ne tardait pas à nous inciter à jouer aux gendarmes et aux bandits parmi les cistes et les asphodèles dans les talus proches de nos habitations.Le fief de Spada était bien souvent le château de la Punta où il recevait les journalistes, les cinéastes en mal d'actualités et même les femmes à la recherche de sensations fortes.Sa tête avait été mise à prix 100 000frs. On captura un à un les petits seigneurs du maquis ,mais lui put s'enfuir en marchant à quatre pattes au milieu d'un troupeau de moutons.Jamais on ne me prendra vivant avait-il dit. Mais privé de sa logistique exigeante, sa raison parut le laisser au fure et à mesure que l'étau se resserait autour de lui. Or un jour, il apparut dans son village en chemise , la tête couronnées de fleurs, sans armes, un crucifix à la main en clamant qu'il s'en remettait à la justice divine.Il fut dépisté dans un potager. La peur au ventre,il alla s'enfuir au fond du lit familial un livre de prières à la main. Au lieu et place du Divin, vinrent les gendarmes,il les supplia : ne me faites pas de mal ; je suis à vous. En 1934, après deux ans d'instruction ,trois jours suffirent pour peser sur sa culpabilité. Les jurés Corses écarteront la thèse de la folie qui fut battue en brèche par les experts.Le Procureur général aux assises de Bastia s'exclama: ce n'est ps un homme que vous avez à punir mais un fauve qu'il faut abattre. Après une rapide délibération la sentence tomba" la peine capitale". Spada ne laissa paraître aucune émotion. Les dates de sa vie auront été les dimanches où il apparaissait en maître dans les bals des villages d'alentour. Juin 1935 fut le moment le l'exécution du jugement. Passons sur la description de cette scène.( déploiement militaire,installation de la machine infernale" la guillotine" et le rôle de Mr Deibler ,le bourreau agréé pour cette sale besogne.Quand on lui annonça que son pourvoi était rejeté, il dit: c'est bon, j'ai compris.Alors il demanda son costume noir et ses souliers.En homme soigneux , il voulut faire sa toilette, se raser en un mot se mettre sur son trente et un.Il était blème mais paisible.L'Aumônier lui tendit le crucifix, il le baisa avec ferveur. il assista à la messe avec recueillement puis à la fin il ajouta: Que voulez -vous, c'est la volonté du Christ! Oui ,j'ai été violent et méchant. Je sais que j'ai fais du mal. En ce temps là ,je ne me rendais pas compte. Un jour l'Amour du Christ m'est revenu! J'ai été éclairé, touché par la grâce. Pour le dernier crime, c'est moi l'auteur. A présent je sais que je suis en règle avec le bon Dieu et qu'il m'a pardonné.

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15 mars 2008

Cauro (23) Souvenirs d'enfance

Période Pascale.
Après le dimanche des Rameaux, la vie du village rentrait dans la spiritualité de la semaine Sainte. Les cloches partaient pour Rome. Les enfants attendaient les vacances scolaires mais aussi un amusement peu ordinaire ' i tarda morduli " Le vacarme du mercredi, jeudi et vendredi Saint. C'était le rite des " Ténèbres". Un office qui se déroulait en fin d'après -midi à l"église autour d'un grand chandelier triangulaire supportant quinze cierges allumés. Ces cierges étaient éteints l'un après l'autre au cours des litanies par un enfant de choeur, un éteignoir à la main. Le moment où restait encore allumé celui qui était placé au sommet du triangle excitait toute cette jeunesse.
Presque tous les écoliers du village, nombreux à cette époque, venaient à cet office et occupaient tous les bancs. ils étaient munis de baguettes de bois , de crécelles et d'objets divers pour s'éclater. Ils attendaient avec impatience l'instant où la dernière lumière serait éteinte et plongerait l'église dans l'obscurité. Au signal donné le vacarme se déclanchait , les enfants déchaînés s'en donnaient à coeur joie. Ils tapaient sur les bancs à tout rompre, plus rien ne les arrêtait. Quel défoulement et quelle joie pour eux !. Alors , l'assistance en grande partie de personnes âgées , les deux mains collées aux oreilles , s'empressait de quitter les lieux. Il fallait que le curé , son missel à la main craignant pour ses travées , vienne dans les rangées imposer l'arrêt de cette bruyante et assourdissante démonstration. Disons une fois de plus une coutume disparue venant de la nuit des temps.

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01 février 2008

Cauro (22)Victor Hugo, premiers pas à Bastia

Le plus grand poète du XIX° siècle.

Ce siècle avait deux ans ! Rome remplaçait Sparte,
Déjà Napoléon perçait sous Bonaparte,
Et du premier consul, par maint endroit,
Le front de l'empereur brisait le masque étroit.
Alors dans Besançon, vieille ville espagnole,
Jeté comme la graine au gré de l'air qui vole,
Naquit d'un sang Breton et Lorrain à la fois
Un enfant sans couleur , sans regard et sans voix;
Si débile qu'il fut ,ainsi qu'une chimère,
Abandonné de tous , excepté de sa mère,
Et que son cou ployé comme un frêle roseau
Fit faire en même temps sa bière et son berceau.
Cet enfant que la vie effaçait de son livre,
Et qui n'avait pas même un lendemain à vivre,
C'est moi - V.Hugo
VIctor Hugo naquit à Besançon le 26 février 1802. Il était le troisième fils de Joseph Léopold Hugo général d' empire et de Sophie Tréboulet. Les pérégrinations du métier militaire de son père le conduisirent en janvier 1803 ,avec sa famille et Claudine la domestique à Bastia. Il occupa une maison près de l'église Ste-Marie. Victor Hugo âgé de dix mois était promené par Claudine sur la place à côté de cette église durant son séjour à Bastia . Il fit ses premiers pas sur cette terre de Corse, afin de profiter des belles journées printanières. En juin la famille Hugo rejoignit l'île d'Elbe où le chef de bataillon reçut sa nouvelle affectation.

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