Une coutume originale et charmante qui a disparu entre les deux guerres ( 14-18—39-45 ) a été celle de la tournée effectuée,  tous les ans  par les enfants du village, la veille de la fête de Sainte Catherine le  25 novembre.

Elle résultait de la vie sociale d’une époque où le bonheur était dans la simplicité et l’entraide familiale des travaux des champs ; une activité pénible sur des terres quelquefois arides, qui était la seule source nourricière. Il faut dire que la plupart des familles possédaient leur lopin de terre adapté aux diverses cultures ( vigne, fruits, potager,élevage) ; elles pouvaient ainsi faire des provisions de produits pour affronter les rigueurs de l’hiver.

                        Chaque année, en cette soirée de novembre, alors que nos villages, la nuit venue ne connaissaient pas encore l’électricité et ses applications magiques, les enfants allaient de porte en porte,  un lampion à la main, par groupe de deux ou de trois, joyeux, s ‘annonçant par des tintements de grelots , suivis de la récitation d’une sorte de litanie en dialecte Corse.

« APRITI, APRITI A SANTA CATALINA , CULARETI IN MAGAZZE , PILIARETI I FIGUI SECCHI ; FALARETI IN CANTINELLA, PILIARETI U VINU VECCHIO . APRITI, APRITI  A SANTA CATALINA « 

Traduction : « Ouvrez, ouvrez à Ste Catherine , allez au grenier prélever des figues sèches et à la cave tirer un bon vin vieux :  ouvrez  à Ste Catherine »

                         Ces enfants étaient toujours accueillis par les familles qui montraient leur générosité par une assiettée soit : de figues, d’amendes, de noix, de pommes, ou de châtaignes etc. versée dans un sac qu’ils présentaient et qu’ils appelaient en quittant, joyeux, ‘ i Grazzie di DIU’ «  les grâces de Dieu ».

                    Nous sommes dans un autre siècle, le bonheur des enfants est  aujourd’hui dans celui des technologies.